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vendredi 23 février 2018

La vie sauvage de Thomas Gunzig

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Date de parution : août 2017 aux éditions Au diable Vauvert
Nombre de pages : 324

J'ai lu ce roman dans le cadre du Prix des Lecteurs de la Fête du Livre de Bron.

Seul survivant d'un crash aérien dans lequel ont disparu ses parents, un nourrisson miraculé, retrouvé avec une gourmette autour de son poignet gravée au nom de Charles, grandit dans la jungle africaine. Recueilli, éduqué et éveillé à la littérature par Cul-Nu, il rencontre également l'amour avec celle qu'il nomme Septembre, une jeune fille qu'il avait rencontrée pour la première fois alors qu'elle n'avait que douze ans et lui treize, seule survivante d'un village où tout le monde avait été massacré.

Seize ans plus tard, Charles est repéré grâce à la magie de Google Earth qui a capté par une photo satellite la présence d'un enfant blanc au milieu du peuple africain, il est alors contraint de quitter Septembre et de retrouver sa "vraie" famille, des notables d'une ville moyenne du nord de l'Europe dans une civilisation qu'il ne connait pas. 

Charles se retrouve chez son oncle bourgmestre à six mille kilomètres d'où il vivait 24 heures plus tôt. Il vit avec son oncle, sa tante, son cousin et sa cousine et fréquente l'école. Il porte un regard sans concession sur les membres de sa famille, sur les jeunes qu'il côtoie à l'école répartis entre les jeunes populaires et les jeunes paumés, il découvre l'importance des réseaux sociaux pour les jeunes, les soirées alcoolisées. Considéré comme obligatoirement traumatisé par son vécu en Afrique, il doit faire face au mépris de tous pour ce qu'il a connu là-bas et subir les séances chez la psychologue scolaire pour l'aider à surmonter son prétendu traumatisme.

On comprend rapidement que Charles n'a pas du tout l'intention de s’intégrer dans sa nouvelle vie et qu'il manigance quelque chose et au fil des pages on découvre avec quelle froideur il va mettre à exécution son plan.  

Ce récit est une sorte de fable satirique dans laquelle Charles s'adresse au lecteur et décrit la vie en Europe qui est loin d'être plus douce que ce qu'il a connu en Afrique. Par son regard, on découvre une société où les adolescents sont désœuvrés, absorbés par les jeux vidéos sur leur smartphone, des adultes qui vivent dans l'ennui ou la futilité, une vie sauvage où la violence est masquée mais bien réelle.
J'ai trouvé l'idée de départ intéressante  même si j'ai été surprise de l'orientation générale que l'auteur donnait à son histoire car d'une critique de la société européenne le récit vire à une machination complètement machiavélique.
Dans son récit Thomas Gunzig varie les styles passant d'un humour décapant par exemple lorsqu'il raconte son rendez-vous chez la psychologue scolaire à de l'ironie mordante quand il décrit la vie futile de sa tante en mêlant une écriture très poétique lorsqu'il évoque son amour avec Septembre. Le tout baigne cependant dans un cynisme assez surprenant. Un livre qui peut agacer mais qui ne laisse pas indifférent.

Ce roman est en lice pour le Prix des Lecteurs de la fête du livre de Bron 2018 avec :
Summer de Monica Sabolo
Ma reine de Jean-Baptiste Andréa
Une fille dans la jungle de Delphine Coulin
L'invention des corps de Pierre Ducrozet 

Trente comités de lecture de bibliothèques et de médiathèques de la région lyonnaise participent à ce vote. La remise du Prix au lauréat aura lieu à l'occasion de la 32ème édition de la Fête du Livre de Bron le 9 mars 2018. 


L'auteur 

Thomas Gunzig est né en 1970 à Bruxelles où il vit. Nouvelliste et romancier traduit dans le monde entier, lauréat du prix Victor Rossel et du prix Triennal du roman, il est chroniqueur à la radio et écrit également pour la scène. Il est co-auteur du scénario du Tout Nouveau Testament. 




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