Date de parution : 18 août 2016 chez Héloïse d'Ormesson
Nombre de pages : 199
Une plongée dans l'appel de la vocation
Maëlle Guillaud aborde un sujet délicat dans ce roman qui parle de foi et de vocation.
Lucie, 19 ans, vit comme un enfer sa classe préparatoire hypokhâgne. Elle se sent appelée par Dieu et trouve un sens à sa vie en rentrant dans les ordres, elle va vivre en retrait du monde, coupée de sa
famille et de sa meilleure amie Juliette.
Lucie intègre une Congrégation, devient Sœur Marie-Lucie et fait vœu de silence, de pauvreté, de chasteté et d'obéissance.
Dans ce couvent "cage de verre" aux multiples dysfonctionnements Lucie va devoir lutter contre ses doutes, elle va se sermonner à chaque pensée impure et interprèter tout comme une épreuve. Lucie va devoir tout accepter dans cette vie recluse entre femmes où l'amitié n'existe pas. La perte d'identité, le corps qui s'épaissit car il faut se gaver de nourriture lourde et grasse et garder un poids minimum, les médicaments distribués comme des bonbons... Sans compter les brimades, les humiliations, les manipulations, la guerre des égos, les luttes de pouvoir qui rythment le quotidien des sœurs dans une ambiance carcérale étouffante. Au fil des pages, on va suivre tous les questionnements de Lucie.
La mère de Lucie, pourtant croyante, vit avec douleur la séparation avec sa fille imposée par le couvent. Une des règles de la Congrégation est de garder distance avec "sa famille d'avant".
Juliette, la complice dont Lucie était inséparable, ne comprend pas son amie et assiste impuissante à ce qu'elle considère comme un abandon mais elle tient à maintenir le lien avec elle avec 3/4h de visite par mois au parloir. Juliette passe par tous les sentiments, colère, jalousie, tristesse et considère Lucie comme une victime qui a été envoûtée par une sorte de secte. "Je hais l’Église, je hais le cardinal et je la hais, elle, qui accepte
de s'humilier devant Lui. Le don de soi au Seigneur est effroyable et
irréversible. Je chavire. "»
Ce livre, qui n'est absolument pas un pamphlet contre la religion, questionne sur l'enfermement, sur l'embrigadement, sur les limites, jusqu'où peut-on aller pour vivre sa foi tout en restant fidèle à soi-même? mais parle aussi d'amitié.
L'écriture fluide de Maëlle Guillaud rend la lecture de ce roman très agréable. Les phrases sont courtes et le propos est bien documenté. Le sujet délicat est traité de façon très sensible, très élégante et juste. J'ai trouvé la fin très belle... Cette auteure a réussi à me captiver avec un sujet qui est loin de mes préoccupations.
Encore une belle découverte grâce aux 68 !
Encore une belle découverte grâce aux 68 !
Ce roman fait partie de la première sélection du prix du Style 2016
Merci à Roxane et aux éditions Héloïse d'Ormesson pour cet envoi
Citations
"Il n'y a pas de foi, mais des preuves de foi. Comme en amour."
L'auteur
Née en 1974, Maëlle Guillaud est éditrice.
"Lucie ou la vocation" est son premier roman.
7ème lecture parmi les seize premiers romans sélectionnés en phase 2 des 68 premières fois
15ème participation au Challenge Rentrée Littéraire 2016
Une question : ça se déroule sur quelles années?
RépondreSupprimerA l'époque actuelle, à partir des 19 ans de Lucie et pendant les 10 années (environ) qui suivent
Supprimerton billet est très intriguant, et c'est l'une de tes dernières phrases qui a fait mouche : "Cette auteure a réussi à me captiver avec un sujet qui est loin de mes préoccupations." (parce que clairement ce sujet est très très loin de mes préoccupations!)
RépondreSupprimerje pense le lire par curiosité
C'est ça la force de ce livre, nous captiver avec un tel sujet...
SupprimerAvis unanimes pour l'instant dans le groupe des 68. Ceux qui l'ont lu le trouve lumineux, troublant, réaliste, dérangeant, interrogatif, captivant, phénoménal...
Pas certaine de lire celui-ci en raison de son sujet, même si ta chronique est très engageante. Bonne soirée Joëlle.
RépondreSupprimerJe peux le comprendre, je ne l'aurai jamais lu sans les 68... Bonne soirée à toi aussi
SupprimerVoilà un sujet bien peu traité en littérature. Il m'intrigue.
RépondreSupprimerEn effet il y a peu de romans sur ce thème, ici le sujet est super bien traité par cette auteure.
SupprimerMerci !
RépondreSupprimerDe quoi donc Clara?
SupprimerJe suis perdue ... c'est un roman purement fictif? Parce que je suis très étonnée vu l'époque où ça se déroule des règles de la Congrégation ( je ne suis pas une spécialiste mais ça me trouble).
RépondreSupprimerL'auteur dit en interview s'être inspirée de l'histoire qui est arrivée à une de ses amies il y a 20 ans...
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