lundi 21 septembre 2015

Otages intimes de Jeanne Benameur



Date de parution : août 2015 chez Actes Sud
Nombre de pages : 176

Comment ré-apprivoiser une vie volée qui vous échappe totalement

Magnifique!!!

Jeanne Benameur nous raconte la vie d'un otage. On ne sait pas dans quel pays en guerre il a été enlevé ni combien de temps il est resté captif mais peu importe...

Défilent l'enlèvement lors d'un reportage d'Etienne, photographe de guerre, l'enfermement, le confinement, la sensation de n'être qu'un objet, les techniques de survie, la libération, le retour au pays, le difficile chemin du retour à la vie...
Le moment où il retrouve sa mère au pied de l'avion qui le ramène en France est sublimement décrit.
Etienne éprouve le besoin de retrouver ses racines en retournant dans le village de son enfance dans la maison maternelle pour essayer de retrouver un peu de paix, de comprendre et d'entamer un lent travail de reconstruction... "Comment passe-t-on du sauvage de toutes les enfances à la barbarie? Quand franchit-on le seuil de l'inhumain? Ceux qui ont tué, violé, massacré, par quoi leur pensée d'homme était elle prise en otage ? "
Cette libération n'est pas pour autant la fin de l’enfermement... Les murs, les menaces ont disparu mais ce dont il a été témoin ne s’efface pas.

On mesure l'impuissance de sa mère, "Elle a perdu le pouvoir de sa voix, le soir, pour l'endormir. Comment berce-t-on un homme qui a derrière les paupières toutes les atrocités ?" qui fait écho à l'impuissance qu'il a si souvent ressenti après avoir photographié des corps lors de ses reportages de guerre.
On comprend l'appel à partir qu'il ressentait, comme son père ressentait l'appel du large.
Les personnages qui gravitent autour d'Etienne sont tous très justes : Irène sa mère, ancienne institutrice dont le mari a disparu en mer, Emma, son ancienne compagne, qui n'a pas pu se résoudre à vivre l'attente, Enzo et Jofranka ses amis d'enfance. Enzo n’a pas quitté le village. Entre deux vols de parapente, il travaille en silence le bois dans son atelier d’ébéniste. Jofranka est avocate spécialisée dans la défense des femmes des pays en guerre, elle tente de libérer leur parole, de permettre leur témoignage contre les crimes de guerre auprès du Tribunal de La Haye.
Chacun d'eux va s'interroger  sur ce qui fait de chacun d'eux des otages intimes.

C'est un récit profondément humain qui nous interroge sur le sens de la vie et sur nos façons de voir et vivre le monde sans donner de leçon.
Il y a beaucoup de justesse et de finesse dans l'expression des ressentis, des sentiments.
On est porté par une magnifique écriture de la première à la dernière ligne, concise, précise et forte.
On se laisse porter par le rythme, par les images...
J'ai découvert, avec ce livre, l'écriture de Jeanne Bénameur, empreinte d'humanité, élégante, juste et parsemée de nombreuses phrases sublimes. Il est de ces textes qui laissent des traces tant la grâce est présente...



Citations
"Maintenant il a vécu ce qu'était : ne compter pour rien. Devenir juste une monnaie d'échange entre deux mondes, pendant des mois cela a été sa seule utilité. Il a compris dans sa chair. C'est cela pour des peuples entiers. Il ne pourra jamais oublier."

"Dès que je serai libéré d'ici, je te fais la promesse que je prendrai le temps de regarder la lumière arriver sur le grand pré le matin, le temps de marcher jusqu'où je pourrai, le temps d'écouter l'eau du petit torrent,le temps."


9ème contribution au Challenge 1% Rentrée Littéraire 2015. 1% atteint!

dimanche 20 septembre 2015

Pétronille d'Amélie Nothomb




Date de parution : août 2014 chez Albin Michel
Nombre de pages : 180

Histoire sans queue ni tête sur la passion de l'auteur pour le champagne, une sorte d'apologie de l'ivresse... via une pseudo autobiographique.
Ce soi-disant roman  parle d'amitié de beuverie au champagne grand crû...
J'ai trouvé que le récit, essentiellement résumé à un dialogue entre Pétronille et Amélie, était ennuyeux et plat.

Pour moi, tous les louanges systématiques aux livres d'Amélie Nothomb relèvent de beaucoup d'hypocrisie et de snobisme.

J'avais beaucoup aimé les premiers romans d'Amélie Nothomb mais celui-ci est pour moi bien décevant... Reste à voir si c'est lié à  Pétronille uniquement ou si c'est moi  qui ne suis plus réceptive à son écriture...

Le seul intérêt que j'ai trouvé à ce livre, c'est qu'il se lit très vite et qu'on peut donc vite passer à autre chose...


Citations
"Rien ne me désole plus que ces gens qui, au moment de goûter un grand vin, exigent de "manger un truc": c'est une insulte à la nourriture et encore plus à la boisson. "Sinon, je deviens pompette", bredouillent-ils, aggravant leur cas. J'ai envie de leur suggérer d'éviter de regarder de jolies filles: ils risqueraient d'être charmés."

"Il y a deux attitudes possibles chez ceux à qui je viens de signer un livre : il y a ceux qui partent avec leur butin et ceux qui se rangent sur le côté et me regardent jusqu'au bout de la séance. Pétronille resta et m'observa. J'eus l'impression qu'elle voulait me consacrer un documentaire animalier."

Lu du même auteur 


samedi 19 septembre 2015

En attendant demain de Nathacha Appanah

 



Date de parution : février 2015 chez Gallimard
Nombre de pages : 208


Ce livre fait partie des romans, qu'une fois commencé, on ne peut plus lâcher.
Le décor est campé dès le départ : Adam est en prison, Adèle est morte, des détails sont ensuite distillés tout au long du livre pour nous permettre d'assembler le puzzle.
Anita et Adam sont en couple. Elle, mauricienne, se sent toujours un peu "l'étrangère de service" et lui le "provincial de service". Après leur rencontre lors d'un réveillon à Paris, unis par le sentiment de ne pas être à leur place, ils partent s'installer dans la région d'Adam dans une maison en lisière de la forêt. Leur fille Laura nait.
Anita devient peu à peu insatisfaite de sa vie de mère au foyer, ses ambitions d'écrivain sont bien loin. Adam a lui aussi abandonné son rêve de peindre et se contente de son travail d'architecte.
Un jour, Anita fait la connaissance d'Adèle, mauricienne sans papiers, qui va rapidement s'installer chez eux pour s'occuper de la maison et de Laura.
On découvre peu à peu par petites touches subtiles l'histoire et la psychologie des personnages et le drame qui a fait basculer leur vie.
Les souvenirs de l'île Maurice sont aussi bien présents dans ce livre ainsi que les préjugés, les clichés éculés dont sont victimes les gens des îles en métropole.

En définitive, j'ai aimé ce livre plus pour sa construction, pour le rythme de l'écriture que pour l'histoire elle même qui m'a laissée un peu sur ma faim, j'avais certainement trop d'attente sur ce mystère savamment entretenu tout au long du livre...


Citations 
"Adam est devenu l'architecte des piscines, de centres de conférences, des gymnases et de la bourgeoisie locale. A quel moment a-t-il renoncé à ses rêves de concevoir une église, un musée, un mémorial? S'il ne peignait pas dans le secret de l'atelier, s'il ne pensait plus aux couleurs, aux textures, aux formes, s'il avait consacré son énergie et son ambition à son seul métier, serait-il devenu un autre homme, un autre architecte?"

"Il y a autre chose que l’amitié entre ces deux femmes, il y a un pays, des images qu’il ne faut pas légender, des gestes qu’il ne faut pas décortiquer, la petite mémoire des enfances, la petite mémoire des pays qu’on quitte."

vendredi 18 septembre 2015

La vérité sur l'affaire Harry Québert de Joël Dicker













Date de parution : septembre 2012 aux Editions De Fallois
Nombre de pages : 670

Prix Goncourt des lycéens 2012
Grand prix de l'académie française 2012

Dans l’Amérique électorale de 2008, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès mais en légère panne d’inspiration, part dans le New Hampshire tenter d'établir l'innocence de Harry Quebert, son mentor. 
Il se lance dans une enquête sur un meurtre qui a été commis trente ans plus tôt afin d’aider Harry,  accusé pour avoir entretenu autrefois une liaison avec la victime, Nola, une très jeune fille. Son cadavre a été retrouvé dans son jardin, ses bras enserrant le manuscrit original d’un best-seller qu’il lui avait dédiée.

Il nous fait pénétrer au cœur de son enquête. Un livre sortira de cette plongée car au fond, ce que nous raconte l'auteur, c’est l’histoire d’un livre sur un livre…

La Vérité sur l'affaire Harry Quebert est d'abord un polar, dont les six cent soixante-dix pages, écrites dans un style simple et clair, se dévorent comme les gros thrillers.
Mais Joël Dicker nous parle aussi des Etats-Unis, de sa littérature, de son côté parfois fabriqué et  de ses compromissions. L'intrigue se resserre vite sur les rapports entre le héros et son maître et met en son centre l'idée de transmission et celle de la fabrique du talent. Ce livre pose la question "Comment écrit-on un (bon) livre à succès?"


L'architecture du roman est remarquable, au-delà même de l’originalité de l’intrigue. L'écriture est fluide et l'intrigue avec ses multiples rebondissements est palpitante. 


Citations 
"Écrire un livre, c'est comme aimer quelqu'un : ça peut devenir très douloureux."
"L'amour, l'amour, toujours l'amour! Mais l'amour, ça ne veut rien dire, Goldman! L'amour, c'est une combine que les hommes ont inventée pour ne pas avoir à faire leur lessive!"

Cette lecture rentre donc a posteriori dans le Challenge Goncourt des Lycéens d'Enna








Lu du même auteur 



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jeudi 17 septembre 2015

Les gens dans l'enveloppe d'Isabelle Monnin



Date de parution : septembre 2015 chez J.C. Lattes
Nombre de pages : 379

Très beau livre sur la nostalgie du passé.
Isabelle Monnin a utilisé un procédé très original, sans doute inédit, pour écrire ce livre.
Elle nous offre en fait de 2 livres en un, le tout accompagné de surcroit  d'un CD.
Tout commence par l'achat qu'elle fait sur internet, pour 10€, de 250 photos de famille. L'idée lui vient d'imaginer la vie de ces gens qu'elle voit sur ces photos, ces gens dans l'enveloppe,  mais aussi, une fois la fiction terminée, de les retrouver et de recueillir leur histoire.
Elle fait le contrat avec elle-même de ne rien modifier à son roman une fois qu'elle aura découvert leur véritable histoire.
Son ami Alex Beaupin, auteur-compositeur-interprète, lui propose de composer un CD de chansons qui ont accompagné la vraie vie des Gens dans l'enveloppe.

Les photos qu'elle décortique minutieusement lui inspirent une histoire d'abandon.
Nous sommes à la fin des années 70 dans l'Est de la France.
L'auteur traduit avec des mots très émouvants l'attente d'une petite fille de 8 ans, Laurence, dont la mère est partie en Argentine sans un mot, la laissant seule avec son père Serge, homme triste qui se réfugie dans l'alcool. Elle attend sa mère jour et nuit, demande un répondeur comme cadeau de Noël pour que sa mère puisse y laisser un message au cas où...  Laurence écrit des poèmes pour survivre.

Isabelle Monnin imagine sa mère, Michelle, habitée d'une envie d'ailleurs. C'est une femme qui "étouffe dans l'immuable". Le seul moment où elle se sent vivre, c'est lorsqu'elle coupe les virages en mobylette au mépris de tout danger. Elle refuse son destin de paysanne ou d'ouvrière en métallurgie et part en Argentine suivre son amant. Mais à cette époque, c'est la dictature qui règne en Argentine, la terreur et la torture sévissent...
Isabelle Monnin décrit  un monde où on ne se parle pas et où la solitude est absolue.
Cette fiction est écrite d'une très jolie écriture poétique.

Dans la deuxième partie du livre, l'auteur nous raconte l'origine du livre, comment se sont dessinés peu à peu les contours de son roman où il y aura "un fleuve et des femmes. Des hommes aussi, mais à côté, un peu derrière"
Puis elle raconte l'enquête qu'elle a menée pour retrouver les Gens dans une région située par hasard à une soixantaine de kms de sa région d'origine en Franche Comté. Elle quitte alors le style poétique pour adopter un ton journalistique. Cette enquête qui la plonge dans des souvenirs de sa propre enfance, avec en arrière plan l'ombre de sa sœur décédée, est vivante et pleine de suspens.
La vie de cette famille qu’elle va découvrir n'est pas banale, mais ne dit-elle pas que " Toute vie humaine est intéressante" et l'auteur va relever plus d'un point commun entre la réalité et sa fiction. Elle sera surprise de s'apercevoir que le personnage principal de l'enquête n'est pas Laurence comme elle le croyait mais son père Michel, l'enfant plusieurs fois abandonné.
Il est émouvant de voir les réactions des membres de la famille face à la démarche de l'auteur et de voir se tisser de solides liens d'amitié entre eux.
Cette famille a vraiment eu beaucoup de chance de voir son histoire imaginée puis écrite par cet auteur.
On sent au travers de la démarche d’Isabelle Monnin le souci de conserver la mémoire de ce qui fut, la nostalgie de ce qui a été vécu.

Livre impossible à lâcher que je conseille vivement.



Citations
" Je ne lui parle pas de mes collections de moments, les moments pleins, les moments vides, les moments où je n'ai peur de rien, les moments sans penser et la plus fournie : la collection des moments d'ennui."

"C'est une idée fixe, bouger, qui a fini par ne plus être une idée mais la totalité de ce qu’elle est, une idée sans y penser, plus importante que le plus important, une idée fixe et une différence avec Serge, de celles qui se découvrent longtemps après que les mariages ont été fêtés, un fossé sans pont pour le traverser."

"Je vais les connaître, ils vont me faire confiance, ils me raconteront des choses, m'en cacheront d'autres, ils pleureront, ils riront, ils s'étonneront de me dire tout cela. Je sais pourtant que je n'accéderai pas à leur intérieur. Je n'aurai jamais que l'enveloppe des gens".

8ème contribution au Challenge 1% Rentrée Littéraire 2015. 1% atteint!

mercredi 16 septembre 2015

Je vous écris dans le noir de Jean-Luc Seigle


Date de parution : janvier 2015 chez Flammarion
Nombre de pages : 233

Pauline Dubuisson échappe de justesse en 1953 à la condamnation à mort requise contre elle pour le meurtre de son amant, elle est condamnée à perpétuité puis graciée après 9 ans de prison.
L'auteur se met dans la peau de Pauline Dubuisson et raconte son histoire sous forme d'une lettre confession à l'homme qui lui demande de l'épouser alors qu'elle s'est réfugiée au Maroc sous une fausse identité après avoir vu le film censé retracer sa vie et qui s'intitule pompeusement "La vérité". Ce film la blesse profondément car il est loin de relater la "vérité".

Avec beaucoup d'humanité il réalise ici une très belle réhabilitation de cette femme qui apparait comme une victime alors que la presse avait fait d'elle une créature obsédée par le sexe, un être ignoble, capable de tirer à bout portant sur son amant.

Quel terrible destin aura eu cette femme... Comment n'a-t-elle pas sombré dans la folie avec un tel enchaînement de drames : la mort de ses 2 frères au début de la guerre, ses dérives sexuelles, la dépression de sa mère, la tonte et le viol collectif à la libération, le meurtre de son amant quand il l'insulte sur son passé, le suicide de son père le lendemain de son meurtre, la prison? On sent l'incroyable force dont elle fait preuve pour survivre à tout ça.

Les sentiments, les personnalités, le lien particulier qu'elle développe avec son père qui la tient dans un "état d'esclavagisme affectif", le lien entre ses parents, le deuil, tout est très bien rendu. La scène du viol collectif est insoutenable de réalisme.
L'histoire devient encore plus émouvante, si c'est possible, à la fin quand elle réalise qu'elle "s'est trompée d'amour" pendant toute sa jeunesse en aimant son père et non sa mère car elle prend enfin conscience que son père l'a manipulée.
Quelle claque ce livre...Bouleversant de sensibilité et d'humanité...


Lu du même auteur

Pour accéder à ma critique de ce livre, cliquer ici

mardi 15 septembre 2015

Le livre sur la place - Nancy - Septembre 2015

LE LIVRE SUR LA PLACE NANCY du 11 au 13 septembre 2015


Première participation à ce salon littéraire en compagnie de Marie-Christine le vendredi.
Les organisateurs annoncent 170 000 visiteurs. 

Vendredi 11 septembre
* Entretien avec Amélie Nothomb sur "Le crime du comte Neville".
Amélie Nothomb se dit enceinte de ses livres, elle en a publié 24 publiés mais en a porté 84... Elle écrit 2 à 3 livres par an et choisit elle-même celui qui sera publié.
Elle n'a jamais connu le syndrôme de la page blanche car elle ne s'arrête pas un seul jour d'écrire. Lors de cet entretien , elle fait preuve de beaucoup d'humour et d'autodérision notamment sur sa récente intronisation comme baronne belge, son père et son frère sont barons mais normalement, dit-elle, pour être baronne une femme doit épouser un baron!!! 
Le comte de Neville est largement inspiré de son père.


* Entretien avec Alexandre Jardin sur "Laissez-nous faire! On a déjà commencé".
Alexandre Jardin nous parle du mouvement "Bleu, blanc, zèbre" qu'il a lancé, mouvement par lequel il entend peser sur les partis politiques.
L'objectif du mouvement est d'exiger de ceux qui nous dirigent, ou aspirent à nous diriger, qu'on laisse faire les Faizeux, celles et ceux qui agissent au quotidien pour trouver des solutions performantes aux maux qui rongent notre société."Le génie vient d'en bas".


* Remise du prix des Libraires-Le point à Mathias Enard pour "Boussole" par Christophe Ono-dit-Biot.
Je ne trouve pas Mathias Enard très clair, ni convaincant dans sa présentation de son roman... Je ne pense pas le lire.



* Enregistrement de l'émission de France Inter "Si tu écoutes, j'annule tout" à l'Opéra avec Charline Vanhoenacker et ses chroniqueurs.


* Enregistrement de l'émission de France Inter "Le masque et la plume" à l'Opéra avec Jérôme Garcin et ses chroniqueurs.
Ils échangent sur :
- "La terre qui penche" de Carole Martinez  
- "La dernière nuit du Raïs" de Yasmina Khadra
- "Petit piment" d'Alain Mabanckou
- "L'autre Simenon" 
- "Délivrances" de Toni Morrison
- "Les eaux troubles du mojito et autres belles raisons d'habiter sur terre" de Philippe Delerm


Samedi 12 septembre
* Entretien avec Jérôme Garcin sur "Le voyant".
Jérôme Garcin nous parle de ce livre que j'ai lu il y a quelques mois qui fut un beau coup de cœur pour moi .
Jérôme Garcin a écrit ce récit en hommage à Jacques Lusseyran qui, malgré son infirmité, a été chef de réseau pendant la résistance, a créé un mouvement de résistance "Les volontaires de la liberté" où il exerçait le rôle de recruteur. Plus tard dans les camps, il a accompli le prodige d'y introduire la poésie.
Pendant la guerre, son objectif était de donner la bonne information aux habitants du pays occupé.
Jérôme Garcin souligne le fait qu'une vie brève peut être plus remplie qu'une vie longue, il fait référence à Jacques Lusseyran mais aussi à son beau-père Gérard Philippe.


* Entretien avec Maryse Condé  sur "Mets et merveilles".


* Entretien avec Sorj Chalandon sur "Profession du père".
J'ai lu et adoré ce livre magnifique, terriblement émouvant qui nous fait osciller entre rire et effroi.
Sorj Chalandon nous dit ne pas avoir voulu tuer son père en écrivant ce livre, comme le prétendent certains journalistes, mais au contraire de l'avoir fait vivre.
C'est un auteur très disponible avec ses lecteurs lors des dédicaces, d'une grande proximité et très chaleureux. Il me dit avoir été amusé de recevoir le prix Goncourt des lycéens pour "Le 4ème mur" après avoir été récompensé par l'Académie Française pour "Retour à Killybegs", il appelle ça "La reconnaissance des jeunes après celle des vieux..."
Il me dit  avoir été très touché par les mots d'accueil d'Hélène Carrère d'Encausse sous la coupole : "Vos gueux sont devenus immortels"



* Des/illusions d'amours : discussion entre Olivier Poivre d'Arvor pour "L'amour à trois" et Florence Noiville pour "L'illusion délirante d'être aimé". 


* Mauvais garçons : discussion entre Xavier Durringer pour "Sfumato", Mathieu Riboulet pour "Lisières du corps" et Jean Teulé pour "Héloïse, ouille".
- Selon Xavier Durringer, son roman est à 90% autobiographique.



* Écrire l'exil :  discussion entre Brigitte Giraud pour "Nous serons des héros", Paola Pigani pour "Venus d'ailleurs" et Laurent Carpentier pour "Les bannis".
- Dans "Venus d'ailleurs", Paola Pigani parle de l'ambivalence entre le pays rêvé, le pays laissé, le pays qu'on a trahi à travers l'histoire d'un frère et d'une sœur albanais du Kosovo. Elle a écrit cet ouvrage sans rencontrer directement des exilés mais en s'appuyant sur des récits de travailleurs sociaux. Roman que j'ai déjà lu et aimé.

- "Les bannis" est le premier roman du journaliste Laurent Carpentier, il est basé sur l'histoire de sa famille. 



* L'écriture, engagement et résistance : discussion entre Jean Hatzfeld pour " Un papa de sang", Hedi Kaddour pour "Les prépondérants" et Hafid Aggoune pour "Anne F.".
- Jean Hatzfeld nous dit qu'écrire un roman est un moyen, pour lui journaliste, de vider ses carnets de notes.
Il nous parle de son obsession pour le Rwanda, pays où il est retourné de nombreuses fois depuis le génocide, il a déjà écrit 4 livres sur le sujet. Cette fois, il est retourné dans ce pays pour donner la parole non plus aux tueurs et aux rescapés dont les récits peuplaient ses précédents livres, mais à leurs enfants, jeunes de 16 à 23 ans des deux camps. Très envie de lire ce roman. 
- Les prépondérants : En 1922, une équipe de tournage débarque à Nahbès, petite ville du Maghreb. Cette intrusion hollywoodienne bouleverse le quotidien des habitants et avive les tensions entre les notables traditionnels, les colons français et les jeunes nationalistes. De la collusion entre ces mondes et ces cultures naissent des destins et des histoires d'amour.

- Anne F. d'Hafid Aggoune est une lettre écrite à Anne Franck par un professeur désespéré. C'est , selon l'auteur, un appel à la paix. Sujet intéressant, à lire. 


* Lecture-spectacle à l'Opéra : "Au secours! Les mots m'ont mangé" par Bernard Pivot
Récit de la vie périlleuse et burlesque d'un homme mangé par les mots. Irrésistible...
Magnifique performance de Bernard Pivot.



Dimanche 13 septembre
* En/quête d'histoires : discussion entre Philippe Jaenada pour "La petite femelle", Christophe Manon pour "Extrêmes et lumineux", Isabelle Monnin pour "Les gens de l'enveloppe" et Bruno Mabille pour "L'impossible distance".
J'ai très envie de lire "Les gens dans l'enveloppe" d'Isabelle Monnin, une idée très originale et une auteur très sympathique mais pas celui de Philippe Jaenada car j'ai lu récemment et beaucoup aimé "Je vous écris dans le noir" de Jean-Luc Seigle sur Pauline Dubuisson. 

* Rencontre avec Delphine de Vigan à l'Hôtel de Ville pour "D'après une histoire vraie".

Delphine de Vigan se met elle-même en scène dans ce roman à la construction très originale, roman que j'ai adoré.
Le nœud du roman est  : doit-elle écrire un nouveau texte intime après "Rien ne s'oppose à la nuit" ou écrire une pure fiction. 
Elle nous explique que selon elle, le travail du romancier est de mettre en scène le réel.

* Discussion entre Thomas B. Reverdy pour "Il était une ville" et Alice Zeniter pour "Juste avant l'oubli".
Hymne à la fiction et hommage au polar pour Alice Zeniter, jeune auteur très sympathique et dotée d'une forte personnalité.

Thomas B. Reverdy situe son histoire à Détroit en 2008. 
Comment donner sens à sa vie dans un univers en ruine? Comment s'aimer dans un lieu aussi triste, aussi sombre? 
Il nous montre comment la crise va changer la vie du héros en mission dans cette ville à un moment où tout se vide autour de lui, où il sait de moins en moins ce qu'il fait là. 

Deux livres qui me tentent bien...



 * Lecture par Bruno Ricci du "Cadavre exquis"  que les écrivains ont composé lors du Livre sur la Place pour les bibliothèques de Nancy.


* Lecture par Charles Berling de "Victor Hugo vient de mourir" de Judith Perrignon à l'Opéra.
Magnifique lecture d'un document que je lirai.