dimanche 27 mai 2018

La saison des feux de Céleste Ng


Date de parution : avril 2018 aux Éditions Sonatine
Nombre de pages : 377 

Le roman commence par une scène où une femme en chemise de nuit se tient devant sa maison en flammes, son mari et ses enfants sont sains et saufs mais manque à l'appel leur dernière fille Izzy qui est soupçonnée d'avoir provoqué l'incendie. L'auteure commence son récit par le drame qui frappe cette famille, elle va ensuite nous raconter comment on en est arrivé là...

Nous sommes en 1998 à Cleveland dans l'Ohio, dans le quartier de Shaker Heights, banlieue parfaite qui abrite une communauté où tout est planifié, une belle ville ordonnée où tout le monde s'entend bien et obéit aux règles "où tout devait paraître beau et parfait de l’extérieur, qu'importe le désordre à l’intérieur". Elena Richardson, mère de quatre adolescents, vit dans ce quartier où sa famille réside depuis trois générations. Elena est le symbole de la mère en quête de perfection pour qui tout doit être sous contrôle, elle a une maison qu'elle loue à Mia Warren, une artiste photographe bohème qui a jusqu'à présent toujours mené une vie itinérante sans attaches avec sa fille Pearl. Vivant pour son art et survivant grâce à de petits boulots, Mia a déménagé à chaque fois qu'elle avait besoin de nouvelles idées pour ses créations artistiques mais Pearl, devenue adolescente, est ravie de se poser un peu et est rapidement fascinée par la famille Richardson. Elle se lie d'amitié avec leurs enfants dont elle envie l'aisance tandis qu'Izzy, la dernière des filles Richardson, sauvage et rebelle, mouton noir et électron libre dans sa famille, se rapproche de Mia, intéressée par ses créations photographiques. 

Mais Elena, aidée par son métier de journaliste, entreprend un jour d'enquêter sur Mia, une femme à la personnalité et à la vie totalement opposées à la sienne, une femme dont le passé semble avoir quelques zones d'ombre...

J'avais été enthousiasmée par le premier roman de Céleste Ng, Tout ce qu'on ne s'est jamais dit, l'auteure confirme ici son talent en nous offrant un roman parfaitement maîtrisé. Un décor bien planté, une mise en place habile des personnages, des psychologies bien fouillées, une histoire parfaitement ficelée et crédible, une écriture fluide font de ce roman un texte complètement addictif.
Comme dans son premier roman, Céleste Ng explore finement la période de l'adolescence et les relations familiales. Dans une société des apparences où le poids des convenances est extrême, elle aborde la question de la maternité, du désir d'enfant, des choix qui s'imposent dans une vie... Est-il mieux pour un enfant de vivre auprès d'une mère naturelle pauvre et seule ou auprès d'une mère adoptive très aisée qui vit en couple stable? La question se complexifie encore plus quand la question de la race et de la culture s'immisce... Qu'est-ce qu'une bonne mère? Qu'est-ce qui fait de quelqu'un une mère? La biologie seule ou l'amour? L'auteure questionne sans aucun jugement de nombreuses questions fondamentales en brossant le portrait de plusieurs femmes, des filles, des mères, des femmes aisées et des femmes pauvres, les rares hommes restent à la périphérie du récit. Un thriller social et psychologique que je trouve très réussi. 


L'auteure

Céleste Ng est une romancière et nouvelliste née en 1980, elle vit à Cambridge, dans le Massachusetts. Originaires de Hong Kong, ses parents se sont installés aux Etats-Unis à la fin des années soixante. Son premier roman, "Tout ce qu'on ne s'est jamais dit", a été récompensé aux USA par le Alex Award et le Massachusetts Book Award en 2015 et en France par le Prix Relay des voyageurs-Lecteurs 2016. Son deuxième roman, "La saison des feux" va être adapté en mini série.

41ème participation au challenge rentrée littéraire 2018 organisé par Bea Comete

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