dimanche 23 février 2020

Love me tender de Constance Debré

Date de parution : janvier 2020 chez Flammarion 
Nombre de pages : 192 

Constance Debré menait une vie rangée dans laquelle elle étouffait jusqu'à ce qu'un jour elle largue tout ce qui faisait de sa vie une vie "normale". Elle rompt alors avec sa famille et rejette son milieu social bourgeois, quitte son mari et son fils et laisse tomber son travail d'avocat pour vivre son homosexualité et écrire un livre. Son mari ne supporte pas la situation et engage une procédure qui la prive de Paul, son fils de huit ans.

mercredi 19 février 2020

Le livre des départs de Velibor Colic

Date de parution : février 2020 chez Gallimard
Nombre de pages : 182 

" La France n'est pas ma patrie. Mais, régulièrement, elle est mon pays."

Vélibor Colic  est un écrivain poète bosniaque réfugié en France depuis 1992. Je l'ai découvert avec son précédent livre "Manuel d'exil" où il racontait son arrivée à Rennes à 28 ans ne connaissant que trois mots de français : Jean, Paul, Sartre. Poète reconnu dans son pays, il avait fui son pays en guerre. Avec " Le livre des départs", deuxième volet de sa trilogie sur exil, il nous livre de nouvelles leçons pour réussir son exil.

lundi 17 février 2020

Anne-Marie la Beauté de Yasmina Reza

Date de parution : janvier 2020 chez Flammarion
Nombre de pages : 96

La narratrice, Anne-Marie, est une comédienne très âgée qui répond à une journaliste venue l'interviewer après la mort de Giselle Fayolle, dite Gigi, une comédienne rivale et amie qu'elle avait rencontrée à Clichy lorsqu'elles avaient 20 ans.

Indolente, éternellement alanguie sur son lit, Gigi décrochait tous les grands rôles et collectionnait les amants, on lui a même prêté des liaisons avec Alain Delon et Ingmar Bergman entre autres...

samedi 15 février 2020

Il est juste que les forts soient frappés de Thibault Bérard

Date de parution : janvier 2020 aux éditions de l'Observatoire
Nombre de pages : 304

" La force d'un homme se mesure à ses faiblesses."
" Into my arms. Oh Lord. Into my arms."

Dès les premières phrases du roman, on sait que la narratrice, une jeune femme de 42 ans qui a décidé de se dénommer Sarah, est morte. C'est une des forces de ce texte, on sait d'emblée que Sarah ne s'en sortira pas, c'est elle qui va nous raconter son histoire.

Sarah dit se trouver dans ce qu'elle décrit comme une cellule, un lieu où les vivants ramènent les morts quand ils pensent à eux trop fort. Cette femme morte aspire à l'oubli des vivants. " Le but ultime de tout le monde, dans la mort, c'est de se faire oublier des vivants. Couper le codon une bonne fois avec "l'avant" pour, enfin, accéder à cette absolue félicité, ce repos parfait des sens et de l'esprit dont on nous rabat les oreilles depuis les siècles des siècles."

jeudi 13 février 2020

La golf blanche de Charles Sitzenstuhl


Date de parution : janvier 2020 chez Gallimard
Nombre de pages : 216

Charles, le narrateur, vit au sein d'une famille dominée par la violence physique et verbale de son père qui n'hésite pas à dénigrer et humilier sa femme devant ses deux enfants. Charles, fils ainé de ce père au comportement tyrannique, essuie comme le reste de sa famille insultes, menaces et injures de la part de cet homme qui lui martèle sans cesse qu'il est nul et bête. Mais ce père qui a tout de la brute immonde joue au père modèle devant les voisins, les enseignants et fait en sorte de ne jamais laisser de traces de ses violences.

lundi 10 février 2020

Kim JiYoung, née en 1982 de Cho Nam-Joo

Date de parution : janvier 2020 aux éditions du Nil
Nombre de pages : 205 

" Depuis que je sais que je porte un garçon, je suis fière devant mes beaux-parents." 

Kim Jiyoung est née en 1982, c'est une femme ordinaire qui vit à Séoul avec son mari et sa petite fille. Elle a un travail qu'elle aime mais qu'elle a du quitter pour élever son enfant. Du jour en lendemain, Kim Jiyoung se met à parler avec la voix d'autres femmes, elle s'incarne dans différentes personnes de son entourage vivantes ou parfois décédées. Que lui est-il arrivé ?

Kim va consulter un psychiatre et, à travers son récit, on découvre son histoire, de son enfance jusqu'à sa vie d'épouse et de mère. On découvre également l'histoire des femmes coréennes sur trois générations et force est de constater que de génération en génération très peu de choses changent avec la malédiction de mettre au monde une fille, le favoritisme des parents et du corps enseignant envers les garçons, l'obligation pour les filles de sacrifier leurs rêves pour leur famille et leurs frères, la discrimination à l'embauche, le harcèlement sexuel, l'impossibilité de concilier vie familiale et vie professionnelle, les emplois précaires non déclarés pour celles qui deviennent mères, la soumission au mari et à la belle-famille. Une vie qui se résume à s'occuper de la maison, des enfants et de sa belle-mère en enchainant les petits boulots même pour celles qui ont des diplômes universitaires. Naître fille c'est être contrainte de renoncer à ses rêves.

Le récit est construit en six parties qui correspondent aux différentes périodes de la vie de Kim. Les différentes injustices et discriminations auxquelles elle doit faire face tout au long de sa vie sont édifiantes jusqu'au dénouement glaçant. Au début on croit lire un livre sur la condition féminine en Corée du Sud mais rapidement on se rend compte que  l'histoire de Kim est universelle, toute femme se reconnaitra à un moment ou un autre dans le destin de cette jeune femme coréenne. J'ai été frappée par le peu de différences entre la situation de la femme en Corée et dans notre pays. Le style est très simple, la narration est neutre, voire clinique, parfaitement adaptée à ce récit, l'auteure relate simplement la vie de Kim sans émettre aucun jugement. J'ai trouvé intéressant qu'elle insère dans son roman des données chiffrées, des indicateurs sociaux, pour étayer son propos. Un texte courageux et nécessaire à mettre entre toutes les mains, celles des femmes et celles des hommes. Un roman féministe, miroir édifiant de notre société.


Citations
" Dans ce temps-là, tout le monde pensait que le fils ferait la réussite et le bonheur de la famille, qu'il allait l'élever dans l'échelle sociale. Aussi les filles se chargeaient-elles volontiers du soin de leurs frères."

" Comment les filles sont-elles devenues ainsi, cette part de l'humanité qui se charge de tous ces trucs sans qu'on ait besoin de leur expliquer quoi que ce soit ? "

" La Corée est le pays où l'écart des salaires hommes/femmes est le plus important de l'OCDE."

" Une femme coréenne sur cinq démissionne en raison d'un mariage, d'une grossesse, des enfants à charge. En Corée, le taux d'activité économique des femmes diminue sensiblement autour des âges de la maternité."


L'auteure

Cho Nam-joo est née en 1978 en Corée du Sud. Scénariste pour la télévision, elle publie en 2016 son premier roman, "Kim Jiyoung, née en 1982". Dès sa sortie, le roman, en partie inspiré de sa propre expérience de femme qui a quitté son emploi pour rester à la maison après avoir donné naissance à un enfant, crée la polémique. C'est l'un des rares livres à avoir dépassé plusieurs millions d'exemplaires en Corée. Il a eu un impact profond sur l'inégalité des sexes et la discrimination dans la société coréenne et a été traduit en 18 langues.























samedi 8 février 2020

Il fait bleu sous les tombes de Caroline Valentiny

Date de parution : janvier 2020 chez Albin Michel
Nombre de pages : 192

Alexis est mort depuis quelques semaines. Prisonnier dans sa tombe, il perçoit les bruits autour de lui, le bruissement des feuilles, le pas des visiteurs qui viennent se recueillir sur sa tombe, son père, sa mère, son petite amie et sa petite sœur qui fait l'école buissonnière pour venir le visiter en cachette. Il ne comprend pas comment il s'est retrouvé là, il ne se souvient de rien... Sa famille est aussi dans l'incompréhension car Alexis s'est jeté d'un pont... Alexis, étudiant de 20 ans, se serait donc suicidé sans laisser un mot d'explication.