mardi 28 mars 2017

Principe de suspension de Vanessa Bamberger

 
Date de parution : janvier 2017 chez Liana Levi
Nombre de pages : 208 

" Car il avait beau s'agiter, tout finissait par retomber à la fin, par précipiter. Rien, non rien ne pouvait rester éternellement en suspension."

Thomas, dans le coma suite à une grosse crise d'asthme, est en réanimation veillé par sa femme Olivia. Le récit fait alterner le moment présent et la période qui a précédé son hospitalisation, nous allons donc progressivement comprendre comment il en est arrivé là.

Thomas a racheté une usine en difficulté de sa région, il est devenu le patron de Packinter, une PME qui fabrique des embouts en plastique pour inhalateur, c'est un patron un peu idéaliste, attentif au bien-être de ses 37 salariés avec qui il a instauré d'emblée le tutoiement. Un patron un brin paternaliste qui veut plaire... Contrairement à certains de ses amis il a choisi de rester en France et de se battre pour sa région touchée économiquement par le déclin industriel.

jeudi 23 mars 2017

Olivier de Jérôme Garcin

 


Date de parution : 2011 chez Gallimard
Nombre de pages : 158

Dans ce récit autobiographique, qu'il nomme "tout petit tombeau de papier", l'écrivain et journaliste Jérôme Garcin évoque Olivier son frère jumeau, 40 ans après son décès. Il s'adresse à lui tout au long du texte dans une longue conversation en forme de monologue.
Olivier est mort à l'âge de 6 ans, percuté par un chauffard sur une route de campagne "un soir doux de 1962" laissant Jérôme inconsolable.
Ils étaient des jumeaux inséparables, une fois Olivier mort, Jérôme Garcin a continué à parler en secret à Olivier, à essayer d'imaginer ce qu'il serait devenu s'il avait vécu, ce qu'il aurait pensé de lui. Olivier a été, tout au long de la vie de Jérôme, un frère à la fois terriblement absent mais aussi tellement présent. Jérôme Garcin ne nous livre pas le portrait d'un frère éternellement figé dans son enfance mais celui d'un frère qui a continué à vivre.

mercredi 22 mars 2017

Par amour de Valérie Tong Cuong


Date de parution : janvier 2017 aux Editions JC Lattès
Nombre de pages : 416

Dans ce roman Valérie Tong Cuong nous retrace le destin deux familles au Havre pendant la deuxième guerre mondiale de juin 1940 à août 1945.
Il y a d'abord Emélie et Joffre qui forment un couple fusionnel, leurs deux enfants Jean et Lucie ont 12 et 11 ans en 1940. Emélie et Joffre sont concierges d'école.
Muguette, la sœur d'Emélie et son mari Louis ont deux enfants Joseph, 13 ans et Marline, 6 ans. Marline a arrêté de parler après la mobilisation, elle ne répond que par oui ou non à sa mère, ne dit rien aux autres, elle semble avoir peur de vivre alors que tout le monde autour d'elle a peur de mourir. Alors que Marline se protège dans son silence, son frère Joseph se cache derrière ses blagues. Muguette, vendeuse au Printemps, est assez fragile et s'abrite souvent derrière sa grande sœur qui aime la protéger. 

"Par amour" est un roman choral dans lequel chacun s'exprime à chaque nouveau chapitre, on se retrouve successivement dans la peau de l'un puis de l'autre et on découvre les ressentis, les points de vue sur la situation des adultes et des enfants.

samedi 18 mars 2017

Nous, les passeurs de Marie Barraud




Date de parution : janvier 2017 chez Robert Laffont
Nombre de pages : 182 

" Seuls ne meurent vraiment que ceux que l'on a oublié."

A la recherche du mal qui ronge sa famille, Marie Barraud entame en 2014 des recherches sur son grand-père Albert. Ce grand-père disparu en 1945 est un sujet tabou pour sa grand mère mais aussi pour son père et son oncle. Son père s'est construit dans le déni "il a étouffé l'image du héros paternel, source de son chagrin". Elle veut aussi comprendre la colère qui étouffe son père, comprendre pourquoi il en veut autant à son père de l'avoir "abandonné" en leur préférant ses malades. Elle regrette de ne pas avoir questionné sa grand mère aujourd'hui décédée, de ne pas avoir fouillé dans le grenier à la recherche d'indices... "Beaucoup de mots étaient enfermés dans les combles de cette vieille maison, attendant qu'une voix vienne les énoncer pour qu'enfin ils soient entendus."

Arrêté en avril 44 sur dénonciation, déporté en mai au camp de Neuengamme en Allemagne, Albert Barraud alors âgé de 37 ans était un chirurgien, résistant actif, chef de réseau. Pilou, le père de Marie, faisait alors ses premiers pas sous l'œil attendri de sa mère et de son grand frère Max de cinq ans son aîné.

mercredi 15 mars 2017

Les jours de mon abandon d'Elena Ferrante


 




Date de parution : 2004 chez Gallimard
Nombre de pages : 224

Fan absolue d'Elena Ferrante depuis sa saga napolitaine (L'amie prodigieuse et Le nouveau nom ) j'ai voulu découvrir ce qu'elle avait écrit avant cette série.

Olga, 38 ans, est mariée et a deux enfants. Sa vie bascule le jour où son mari la quitte sans aucun signe annonciateur. Elle passe alors par plusieurs étapes, cherche d'abord à le récupérer, avant de passer par la colère puis la résignation.  

Olga qui avait renoncé à sa carrière d'écrivain en se mariant n'a pas de travail, pas d'amis ni de centres d'intérêt, elle se replie complètement sur elle-même. Entièrement centré sur les pensées et actions d'Olga dans les mois qui suivent le départ de son mari, ce récit n'aborde pas le ressenti des deux enfants.

lundi 13 mars 2017

Prix Ouest-France Étonnants Voyageurs 2017

Les 10 romans sélectionnés 


Les membres du comité de parrainage ont présélectionné les 10 romans finalistes le 1er mars 2017. Dix jeunes ont été sélectionnés dans toute la France pour composer le jury. Ces jeunes se retrouveront le samedi 6 mai 2017 à Rennes pour débattre et établir la liste des cinq romans finalistes du prix. Ils sélectionneront leur lauréat pendant le Festival Littéraire Étonnants Voyageurs à Saint-Malo, le dimanche 4 juin 2017.
Les 10 romans finalistes du Prix Ouest-France Étonnants Voyageurs 2017 sont :
  • Pierre Adrian, Des âmes simples
  • Louis-Philippe Dalembert, Avant que les ombres s’effacent
  • Nicolas Dickner, Six degrés de liberté
  • Catherine Gucher, Transcolorado
  • Hubert Haddad, Premières neiges à Pondichéry
  • Joël Haroche, L’affaire Rosenblatt
  • Maryam Madjidi, Marx et la poupée
  • Anna Moï, Le Venin du papillon
  • Shumona Sinha, Apatride
  • Tanguy Viel, Article 353 du code pénal

dimanche 12 mars 2017

Elle voulait juste marcher tout droit de Sarah Barukh


Date de parution : février 2017 chez Albin Michel
Nombre de pages : 426

" Finalement, l'après-guerre, c'est encore plus dur que la guerre."


Alice a 5 ans en 1943, elle vit à la campagne à Salies-de-Béarn avec sa nourrice Jeanne  et de  multiples questions la tourmentent, elle ne comprend pas le monde qui l'entoure, elle ne comprend surtout pourquoi sa mère a dû l'abandonner. Pour toute réponse à ses questions elle obtient des phrases lapidaires "Parce que c'est la guerre", "Tu comprendras plus tard".
Elle ne comprend pas pourquoi ses camarades d'école la rejettent, se demande qui sont ses parents et si sa mère reviendra la chercher. Un jour, des allemands débarquent dans son école et emmènent un de ses camarades, elle entend pour la première fois prononcer le mot de juif sans comprendre ce que cela signifie.