mardi 12 septembre 2017

L'art de perdre d'Alice Zeniter


Date de parution : 16 août 2017 chez Flammarion
Nombre de pages : 512

Prix littéraire du monde 

Naïma va partir enquêter pour retrouver ses racines, plus de soixante ans après le départ d'Algérie de sa famille. En faisant le chemin inverse de son grand-père, elle tente de comprendre l'histoire de son père et de son grand-père qui n'ont jamais parlé de l'Algérie qu'ils ont dû quitter précipitamment en 1962. 
Cette fresque historique familiale sur trois générations retrace donc l'histoire de l'Algérie et des Harkis de 1950 à nos jours, le roman est composé de trois parties "L'Algérie de papa", "La France froide" et "Paris est une fête".

lundi 11 septembre 2017

La fille du van de Ludovic Ninet


Date de parution : 17 août 2017 chez Serge Safran
Nombre de pages : 208


"Peut-on réellement tout recommencer ?"

Sonja est une belle jeune femme rousse de 28 ans qui vit depuis quelques mois dans son van, un vieux combi défoncé. Infirmière militaire, elle s'est engagée pour fuir son foyer pour une mission de six mois à Kaboul au sein des forces militaires chargées de protéger la population et de lutter contre le terrorisme laissant son fils de deux ans avec son mari. Revenue en France, sujette aux cauchemars et aux idées noires elle est devenue dépendante aux médicaments et à l'alcool. Submergée par la culpabilité de ne pas avoir pu sauver tant de blessés, envahie des souvenirs de tous les soldats blessés qui s'agrippaient à elle, elle vit un enfer. "Je suis morte avec tous les gamins mutilés que je n'ai pas pu sauver, je suis un monstre". Atteinte d'un mal invisible pour tous, elle a sans cesse peur de tomber dans une embuscade sur la route ou de sauter sur une mine.

dimanche 10 septembre 2017

Leur séparation de Sophie Lemp



Date de parution : 7 septembre 2017 chez Allary Éditions
Nombre de pages : 90

Dans ce récit autobiographique, Sophie Lemp se penche, 28 ans après, sur la façon dont elle a vécu la séparation de ses parents.

Un samedi de janvier 1989 le monde s'écroule pour Sophie alors âgée de 10 ans, ce qu'elle redoutait le plus arrive : ses parents se séparent, elle a espéré jusqu'au bout... C'est la première douleur dont elle se souvient alors qu'elle a pourtant vécu des douleurs, des deuils dans sa famille.

samedi 9 septembre 2017

Nos vies de Marie-Hélène Lafon

Date de parution : 24 août 2017 chez Buchet-Chastel
Nombre de pages : 182


La narratrice observe et imagine les vies des gens qui l'entourent au Franprix de son quartier à Paris. Il y a là Gordana la caissière et un homme sombre qui passe tous les vendredis à sa caisse. Peu à peu, la narratrice se dévoile au fil de ses souvenirs et parsème des éléments de sa propre histoire au milieu de la vie qu’elle imagine pour Gordana et Horacio. Elle évoque également ce qu’elle imagine de la vie de ses amis, de ses voisins…

vendredi 8 septembre 2017

Qui ne dit mot consent d'Alma Brami


Date de parution : 24 août 2017 chez Mercure de France
Nombre de pages : 176

Émilie a suivi son mari Bernard à la campagne quand leurs enfants étaient encore petits, depuis ils ont grandi et quitté la maison. Mais Bernard installe régulièrement dans leur maison  une "invitée" trouvée par petite annonce, soit-disant pour tenir compagnie à sa femme qui s'ennuie à la campagne, il s'offre aussi quelques escapades avec des "vieilles copines"...

Bernard se révèle être un homme pervers et manipulateur qui dit à Émilie avoir besoin de ces femmes pour son équilibre, avoir besoin de prendre l'air... Il se montre très gentil avec Émilie, la flatte et est aux petits soins pour elle. Jamais il n'est violent bien au contraire... Il lui exprime sans cesse son amour et ponctue toutes ses phrases de "mon Cœur".

jeudi 7 septembre 2017

Grand prix des lectrices Elle 2018 - Livres retenus par le jury d'octobre

Le Grand Prix des lectrices Elle, suite !


Voici les titres des 3 livres sélectionnés par le jury d'octobre :

La disparition de Josef Mengele d'Olivier Guez




Date de parution : 16 août 2017 chez Grasset
Nombre de pages : 240

Josef Mengele était un médecin tortionnaire nazi surnommé l'ange de la mort, il a sévi au camp d'Auschwitz pendant 21 mois, il avait fait du camp un laboratoire pour ses recherches notamment sur la gémellité. C'était un monstre qui prenait plaisir à collectionner les yeux bleus...

Inscrit sur la liste des criminels de guerre, arrêté par les américains il est pris pour un simple soldat et rapidement libéré. En juin 49, à 38 ans, il arrive sous la fausse identité de Grégor dans l'Argentine de Péron. En effet le dictateur argentin, fasciné par l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste, adopte comme stratégie d'ouvrir son pays à des milliers de nazis convaincu de la suprématie que va acquérir l'Argentine une fois que les États Unis et la Russie se seront écharpés lors de la guerre froide.
Officiellement porté disparu, Mengele ne révèle son identité qu'à quelques rares proches, il cache à tous son métier de médecin. Il n'ambitionne pas de reconquérir l'Allemagne comme certains de ses amis préférant faire prospérer les affaires familiales, ainsi il représente l'entreprise familiale de machines agricoles tout en pratiquant des avortements clandestins sur de jeunes bourgeoises. Mengele mène alors une vie de pacha, au milieu d'autres nazis, mais il va être privé de ses protections lorsque Péron est contraint de quitter le pays en 1955.

En 1956 il récupère son identité pour s'enraciner et se remarier au moment où le monde prend conscience de l'extermination de millions de juifs. Les israéliens lance alors la chasse aux nazis. C'est pour Mengele le début de la descente aux enfers et la fuite au Brésil. Va commencer pour lui une vie de rat traqué par les services secrets israéliens et allemands puis par les journalistes.

Olivier Guez brosse le portrait d'un homme égocentrique et manipulateur qui ne manifeste aucun remords et restera nazi jusqu'au bout. Sûr de lui, certain de son impunité, il se pense intouchable et bénéficie largement de la protection financière de sa puissante famille. Il se comporte en despote acariâtre avec la famille hongroise qui le cache. Déchu de ses diplômes universitaires, il s’apitoie sur son sort... Mais cet homme va vivre pendant des années dans la plus extrême solitude et dans la paranoïa.

Mengele a un fils Rolf qu'il n'a pratiquement jamais vu. Rolf Mengele qui a longtemps cru son père mort, sera bouleversé d'apprendre le passé de son père. Torturé, il lui rendra visite en Amérique Latine à l'âge de 33 ans pour tenter de comprendre. La scène de leur rencontre est bouleversante... Rolf Mengele éprouvera un infini mépris pour son père mais il refusera de donner la moindre indication susceptible de provoquer son arrestation. 
Cet épisode était déjà relaté dans le livre de Tania Crasnianski : Enfants de nazis 

Ce roman sur l'après guerre est très documenté comme en témoigne l'impressionnante liste bibliographique de l'auteur. Olivier Guez limite à de courts passages complètement insoutenables le récit des  activités du médecin SS dans le camp, l'essentiel de son propos est de raconter les années de fuite du médecin tortionnaire et d'imaginer ses ressentis. Il relate des années de vie qui se sont révélées toutes aussi punitives que l'aurait été un emprisonnement. J'ai trouvé ce récit, qui tient à la fois du document et du roman, passionnant et instructif. Ce texte très fort nous parle de l'oubli mais aussi de la perversion des relations internationales qui aboutissent à l'impunité de grands criminels.

Ce roman est finaliste du prix Landerneau et fait partie des premières sélections du prix Renaudot et du prix Goncourt.

Merci à NetGalley et aux éditions Grasset pour cette lecture.






L'auteur

Olivier Guez est l’auteur, entre autres, de L’Impossible retour, une histoire des juifs en Allemagne depuis 1945 (Flammarion), Éloge de l’esquive (Grasset) et Les Révolutions de Jacques Koskas (Belfond).
Il a reçu en 2016 le prix allemand du meilleur scénario pour le film Fritz Bauer, un héros allemand. (Sources : Éditions Grasset)







16ème participation au Challenge Rentrée Littéraire 2017











Catégorie MORT