dimanche 6 janvier 2019

La dédicace de Leïla Bouherrafa


Date de parution : 3 janvier 2018 aux Editions Allary
Nombre de pages : 290

La narratrice est une jeune trentenaire dont le premier roman va partir à l'imprimerie dans quelques jours. Son éditrice lui a demandé quelle dédicace elle va y insérer, elle lui a donné trois jours pour trouver sa dédicace lui affirmant que " La dédicace, c'est ce qu'il y a de plus important dans un livre".

La narratrice est une jeune femme hypocondriaque, mais seulement la nuit, qui se sent "heureuse chez elle; malheureuse partout ailleurs"... Elle entretient des relations difficiles avec sa mère, à qui va-t-elle pouvoir dédicacer son roman, elle qui mène une vie si solitaire et désespérante? 

Pendant trois jours, elle va observer le monde qui l'entoure, imaginer la vie des gens qu'elle croise, de ses voisins... et observer les solitudes qui s'accumulent autour d'elle à Paris, attendant une révélation qui ne vient pas. Elle va aussi se rendre à la Foire du livre de Brive pour y être interviewée et participer à une conférence avec toujours l'obsession de cette dédicace à trouver.

Dans ce roman Leïla Bouherrafa retrace le parcours d'une jeune femme qui a pris un pseudo pour écrire son premier roman. On ne connaîtra jamais son nom et on ne saura rien de son roman, le sujet du livre n'est pas là. Le roman et la dédicace sont pour Leïla Bouherrafa un prétexte pour explorer la solitude urbaine, parler de la ville qui rend malade, quand personne ne nous regarde, ne nous touche, ne nous appelle par notre prénom... C'est une jolie porte d'entrée pour évoquer une certaine désespérance liée à la solitude urbaine. Le récit très émouvant est empreint d'une certaine mélancolie mais est allégé de jolies touches d'humour au fil des nombreuses anecdotes qui parsèment le récit.
Un premier roman bien prometteur.


Citations
" La dédicace et l’épitaphe ne sont que les deux faces d'une même pièce."

" Il y a deux types de gens. Ceux qui claudiquent et ceux qui piétinent."

 " Je suis toujours triste le samedi soir car il me semble que le monde ne me laisse que deux options : la fête ou le suicide. Feindre ou mourir. Et comme les effets des deux sont sensiblement identiques, je préfère allumer une cigarette."

" Le souvenir est toujours lié aux fluides. Ce qui fait une année, ce qui fait une vie, ce sont les fluides. Ce qui compte, ce sont les larmes, la sueur, la cyprine, le sang et le vomi. Le nombre de fois qu'on a pleuré, vomi, joui."


L'auteure 


Leïla Bouherrafa a 29 ans. Elle enseigne le français dans une association qui accueille de jeunes réfugiés. "La dédicace" est son premier roman (Sources : Éditeur)




 





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