mardi 25 avril 2017

En pays conquis de Thomas Bronnec

 

Date de parution : janvier 2017 chez Gallimard Série noire
Nombre de pages : 227

Lors des Quais du Polar j’ai eu la chance de rencontrer Thomas Bronnec  (rencontre organisée par Dominique et lecteurs.com) et qu’il me dédicace son roman, il a choisi d’y apposer ces mots  "La réalité et la fiction s'entremêlent toujours" qui qualifient à merveille son roman.

Dans ce nouveau roman Thomas Bronnec fait quelques références à son précédent ouvrage Les initiés mais il n'est pas indispensable de l'avoir lu pour comprendre celui-ci.

Ce roman de politique fiction s'ouvre le dimanche 18 juin 2017, soir du deuxième tour des législatives. La République est bloquée dans une situation complètement inédite. Le président sortant de gauche a été réélu mais les législatives ne donnent pas de majorité à la gauche à l'Assemblée Nationale. La droite refuse l'union nationale avec la gauche et s'allie avec le Rassemblement National, parti d'extrême droite.
Le président nomme Hélène Cassard, la candidate de droite, au poste de Premier Ministre, impose le banquier Fertel à Bercy pour rassurer Bruxelles et maintenir la France dans l'Union Européenne car l'enjeu est là : le Rassemblement National a fait campagne pour la sortie de la zone euro et de l'Union Europeenne et revendique un réferendum sur ce sujet. C’est donc une cohabitation inédite qui démarre.

Entre réalité et fiction, comme le dit Thomas Bronnec, ce roman nous décrit un président vu par la premier ministre comme  "un empereur décadent, un roi fainéant préoccupé davantage par sa propre pérennité que par celle du pays qu'il dirige", un homme qui "manque tant de la noblesse dont a besoin le pays", des hommes politiques incapables, assoiffés de pouvoir, des banquiers véritables maîtres de Bercy, des petits arrangements avec Bruxelles, d'étranges méthodes de financement de campagne, d'ignobles chantages et des jeux de pouvoir à n'en plus finir...

Il y a deux personnages importants dans cette histoire : François Belmont et Angélique Dumas.
François Belmont, grand argentier de la campagne et conseiller spécial d'Hélène Cassard, est un personnage manipulateur qui agit dans l'ombre.
Angélique Dumas est une haut fonctionnaire à la Direction du Budget, intègre et sincère dans son désir de servir l'Etat. Son père Christian Dumas, président de la Commission des comptes de campagne, s'est tiré une balle dans la tête en janvier 2017. Pourquoi s'est-il suicidé ? Angélique ne l'avait pas revu depuis qu'il les avait abandonnées, elle et sa mère, lorsqu'elle avait huit ans depuis elle cherche désespérément à comprendre les raisons de son abandon. 

Ce roman est une lecture de circonstance dans la période électorale que nous vivons actuellement. Il est évident que Thomas Bronnec s'est inspiré de personnages réels du microcosme politique français. Ecrit dans un style journalistique, révèlant toutes les connaissances de l'auteur en matière de politique et de finances, ce roman est plus un roman noir sur le monde politique qu'un roman policier, il donne une vision malheureusement réaliste des politiciens qui nous gouvernent et nous propose un scénario bien crédible ...
J'ai trouvé ce récit bien construit même s’il n’est pas exempt de certaines longueurs et j'ai déploré que l'auteur n'ait pas mieux entretenu le suspense sur la mini intrigue qui est annoncée dès  les premières pages.

Merci à Dominique, à Lecteurs.com et Gallimard pour ce roman

L'avis enthousiaste de Nicole


Citations
" Ici, à Bercy, dans les banques, on ne parle que d'argent. L'argent tout le temps. On parle valeur, on oublie les valeurs."

" C'est dans leur ADN de considérer la dépense publique comme un robinet d'eau qu'il suffit d'actionner comme on veut et quand on veut."

" Les politiques se mettent systématiquement sur le terrain de l'éthique et délaissent celui de l'efficacité. Ils emploient de grands mots qui font peur et leur servent à masquer leur incompétence aux électeurs."


L'auteur


Thomas Bronnec est né à brest. Journaliste et auteur de plusieurs documentaires, il explore les coulisses du ministère des Finances et du monde politique.








Lu du même auteur



 pour accéder à ma chronique, cliquer ici


35ème contribution au Challenge Rentrée Hiver 2017 organisé par Laure de MicMelo
 

4 commentaires:

  1. Peut-être à tu lu mon commentaire un poil plus enthousiaste que le tien. Mais, comme d'hab', j'aime beaucoup ta chronique.

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    1. Merci Triskel... je m'en vais donc lire ta chronique.
      Bises

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  2. Oui, c'est sûr, on aurait presque l'impression de lire le journal... Sauf que la réalité dépassant toujours la fiction, plus aucun parti traditionnel est en lice et le pire nous menace. Quoi qu'il en soit, gouverner sera un exercice des plus difficiles...

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    1. C'est vrai que ce roman colle à l'actualité d'une façon impressionnante... et inquiétante...

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