lundi 17 avril 2017

Une activité respectable de Julia Kerninon


Date de parution : janvier 2017 aux éditions du Rouergue
Nombre de pages : 59

J'ai beaucoup entendu parler de Julia Kerninon mais je n'avais jusqu'à présent lu aucun de ses romans.
Avec "Une activité respectable" elle nous livre son premier récit autobiographique.

Elle nous raconte son enfance auprès de ses parents dévoreurs de livres qui lui ont offert une machine à écrire pour ses cinq ans et qui ont toujours penser que la littérature était "une activité respectable". Petite fille, Julia Kerninon n'aimait rien tant que d'être seule dans une pièce pour lire, imitant ainsi ses parents qui lisaient en permanence. Elle nous raconte une anecdote amusante : lorsque sa mère allait aux toilettes d'un restaurant dans lesquelles il n'y avait aucune affiche à lire, elle sortait un billet de ses poches pour le déchiffrer, difficile de faire plus accro à la lecture... Julia s'est nourrie tout au long de son enfance de la connaissance colossale des livres qu'avait accumulée sa mère.

Julia Kerninon nous raconte sa passion de la lecture et de l'écriture et résume sa vie ainsi : lire le jour et écrire la nuit et avoue avoir pour seule ambition de lire des livres et d'écrire les siens. "Je vis la même journée depuis vingt cinq ans et j'en ai trente."

De son départ à 20 ans seule pendant une année à Budapest pour écrire son premier roman aux portraits de ses proches, de ses parents instituteurs très ouverts et amoureux des voyages, de sa grand-mère et de vieux poètes avec qui elle récitait de la poésie dans les cafés, Julia Kerninon nous entraine au cœur de la vie d'une femme passionnée de lecture et d'écriture et au cœur de son processus de création, nous faisant parfaitement ressentir la solitude et les doutes de l'écrivain. Elle nous évoque "l'expérience de la sueur" lorsqu'elle doit travailler comme serveuse pour gagner sa vie, elle qui n'a jamais vécu que dans les livres.

Tout au long de son récit, Julia Kerninon évoque ses multiples lectures mais malheureusement ne nous cite pas les auteurs et les romans qui ont compté pour elle, j'aurai aimé qu'elle développe ce sujet cela aurait donné une autre dimension à son récit.
Julia Kerninon possède une fort jolie plume qui ne peut que donner envie de lire ses précédents romans. J'ai bien aimé son récit débordant d'amour pour la littérature dans lequel elle se livre beaucoup et qui ne peut que plaire aux amoureux des mots, j'ai cependant regretté que ce bel hommage à la littérature soit si court.

Ce roman fait partie de la sélection du prix Orange du livre.

Merci à Adèle et aux Éditions du Rouergue pour l'envoi de ce livre.


Citations
"Comme des repères, les livres nous mènent à d'autres livres, ils nous font ricocher. Dans les bibliothèques, dans les librairies, les voir tous côte à côte, si nets, comme des compartiments dans un columbarium, chacun refermant une vois, une aria, je ne connais rien de mieux. Je reviens toujours là. C'est tout."

"Ma vie je la passe à lire des livres pour remettre les choses en place, pour me déplier, et c'est comme chanter tout bas à ma propre oreille pour me réveiller."


L'auteur

Née en 1987, Julia Kerninon vit à Nantes. Son premier roman, Buvard, a reçu de nombreux prix, dont le prix Françoise Sagan. Elle a été lauréate de la bourse Lagardère du jeune écrivain en 2015. Son deuxième roman, Le dernier amour d'Attila Kiss, a reçu le prix de la Closerie des Lilas en 2016. (Sources : Éditions du Rouergue)






30ème contribution au Challenge Rentrée Hiver 2017 organisé par Laure de MicMelo
 









2 commentaires:

  1. Moi aussi je l'ai trouvé trop court, et j'ai regretté que Julia Kerninon parle si peu de ses bonheurs de lecture. Mais j'ai néanmoins vraiment apprécié ce récit passionné!

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    1. Nous partageons le même avis et certainement la même envie de lire ses autres romans.

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